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E-réputation et identité numérique dans un siècle

Article E-réputation

L’objectif de l’article est de se projeter un siècle en avance et replacer l’identité numérique et la réputation dans un contexte futuriste et suisse. A débattre en commentaires...

4 juin 2112, Genève, Suisse.

Suite aux évolutions technologiques et l’utilisation généralisée d’Internet par 99,3% de la population helvétique, la question de l’identité numérique est soulevée par l’Etat. Il souhaite contrer le lancement des cartes d’identité numérique de Foogle (nom du groupe depuis la fusion de Facebook et Google en 2041). Comment la notion d’identité a-t-elle évoluée ? Voici un état des lieux de l’utilisation de l’identité numérique en 2112 :

Grace à l’ubiquité des réseaux sociaux l’individu surfe désormais sur le web avec une identité unique. Ainsi toutes ses actions (lecture, visionnage d’une vidéo, photos mises en ligne, conversations et expressions…) sont compilées et partagées par Foogle à l’entourage de cet individu ainsi qu’aux entreprises partenaires. Il est d’usage de considérer que l’identité numérique d’un individu existe 6 mois avant sa naissance, soit à partir de la première échographie mise en ligne (photo ou livecast).

Comment les entreprises utilisent l’identité numérique pour gérer leur réputation de marque et les relations avec le consommateur :

Les entreprises étudient le « big data » lié à l’identité numérique de leurs consommateurs. Les indices numériques permettent d’adapter les promotions aux prospects. Comme l’avait découvert feu-Mark Zuckerberg en 2009, il est possible de prédire les formations de couples ou les ruptures en analysant les données comportementales digitales des personnes. De même, dès 2011, l’enseigne Target  pouvait détecter les futures mamans grâce à l’analyse du comportement d’achat des femmes. Aujourd’hui Genève compte 3 agences spécialisées dans l’identification de futures relations romantiques. Ces agences font du data-mining sur les données publiques laissées par les internautes et peuvent alerter leurs clients (fleuristes ou restaurateurs…) qu’un individu est sur le point de sortir avec une femme dans son cercle social. Ce prospect reçoit alors un bon de réduction très ciblé sur les bouquets de roses ou le restaurant préféré de sa future conquête.

Le principe d’e-réputation est au centre de la réflexion stratégique des entreprises. Les traces digitales laissées par les clients ont pris tellement d’importance qu’elles influencent l’entourage de ces derniers lorsqu’ils cherchent des informations sur l’entreprise. Le consommateur partage naturellement et en temps réel ses expériences avec les marques qui l’entourent. Si le service de chambre d’un hôtel à Zurich ne lui plait pas, il notifie son entourage en laissant un commentaire désobligeant sur l’hôtel. Cependant la marque est capable d’adapter son service grâce à la veille et l’identité des consommateurs fidèles et parlants régulièrement de la marque est bien connue.

Les mesures légales mises en place par l’Etat depuis que l’identité numérique existe :

  • Disparition de l’anonymat en ligne. Les lois anti-racisme, anti-terroristes et anti-pédophilies passées il y a un siècle obligent les internautes à n’avoir qu’une seule identité en ligne. Toutes leurs prises de paroles sont donc publiques, transparentes et peuvent être sanctionnées par un juge si celles-ci nuisent à la réputation d’une personne.
  • Afin de protéger la réputation des mineurs, leurs actions numériques potentiellement embarrassantes sont toutes effacées et scellées. Tel un casier judiciaire, il est impossible pour les internautes et les entreprises d’accéder aux données liées aux actions d’un mineur passé ses 18 ans.
  • L’agence  « Organisation des Actions Numériques » met en place des directives indiquant aux gouvernements les actions à entreprendre pour protéger leurs citoyens d’une utilisation abusive de leur identité numérique.

Le gouvernement suisse se voit obligé de limiter l’expansion de Foogle qui veut désormais commercialiser l’accès à l’identité de ses utilisateurs. Le risque est de perdre le monopole d’état et donc le contrôle de l’identité de ses citoyens helvétiques au profit d’une entreprise qui a désormais plus d’informations sur notre vie passée, notre cercle d’amis et nos projets que notre gouvernement.

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