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La dépression Facebook : le mal du siècle ?

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Une récente étude pointe du doigt le réseau social qui serait responsable d’un nouveau type de dépression : la dépression Facebook. Si si, il s’agit d’un terme sérieux. Un terme qui avait déjà été évoqué en 2009 dans un article de ReadWriteWeb suite à une étude réalisée aux Etats-Unis auprès de 83 jeunes adolescentes. Mais qu’entend-t-on exactement par « Facebook Depression » ? Selon l’étude Pediatrics, il s’agit d’un des risques auxquels sont exposés les jeunes utilisateurs de réseaux sociaux (sans compter le sexting, le cyberbullying et l’harcèlement online). La dépression Facebook se développe chez les jeunes qui passent la majeure partie de leur temps sur les sites de réseaux sociaux, notamment Facebook, et présentent ensuite des symptômes classiques de dépression. Etre accepté par ses pairs et en contact avec ces derniers compte beaucoup au moment de l’adolescence. L’intensité de l’univers online est considérée comme un facteur pouvant déclencher la dépression chez l’adolescent. Tout comme la dépression classique, les jeunes souffrant de dépression Facebook sont sujets au repli social. On peut parler ici d’ « anxiété sociale », un sentiment d’inconfort, d’appréhension vis-à-vis de l’interaction sociale. Souvent, la première inquiétude responsable de l’anxiété sociale concerne la peur de se faire (ou d’être) jugé de manière négative par les autres. Ce type d’anxiété ponctuelle, relativement normale, est assez commun. Néanmoins l’anxiété sociale comporte différents degrés et peut devenir une véritable plaie au quotidien. Quel rôle joue donc Facebook dans le développement de « l’anxiété sociale » ? Comme précisé plus haut, il s’agit d’une question d’intensité de la vie online. Facebook rend votre vie sociale visible et explicite. En gros si vous n’avez pas d’amis, que votre vie sociale est proche du néant et que vous vous faites rejeter, Facebook est là pour vous le renvoyer en pleine face. Je schématise bien sûr mais c’est un peu l’idée. En quelques points, voici comment les choses se dégradent : Le nombre d’amis Un grand classique, alors que les jeunes adultes auraient plutôt tendance à privilégier la qualité de leurs relations sur le réseau social, chez les plus jeunes, c’est souvent au poids, et ils sont d’ailleurs plus d’un quart à accepter systématiquement les demandes d’amis qui leurs sont adressées. Imaginez donc le préjudice social du « has no friends » qui a d’ailleurs fait l’objet d’un épisode de South Park : Le bouton « ignorer » « Quoi, il t’a demandé en ami? Lui? Et t’as fait quoi du coup? – Oh je l’ai ignoré ». Une phrase toute simple qu’on a tous prononcé un jour. Sauf que pour certaines personnalités que je qualifierai de susceptibles, cela peut prendre des tournures dramatiques. Ignorer, refuser la proposition de contact social, un élément qui peut être mal vécu et ressenti comme un rejet social. Le syndrome du disque rayé Facebook permet de partager nos états d’âmes via un statut. Or, si partager leur humeur du moment en soulage certains, cela peut agir comme un emprisonnement pour d’autres, une sorte de cercle vicieux dépressif au sein duquel on se répète qu’on ne se sent pas bien. Le point de comparaison sociale « Je déteste Facebook. Cela me rappelle à quel point ma vie est pathétique ». Ces propos un peu forts sont ceux d’un jeune sur le forum du site Social Anxiety Support. En effet, constater à quel point la vie des autres est riche, haute en couleurs et pleine de rebondissements (via les statuts, photos, vidéos, évènements, commentaires, etc.), être témoin de la richesse sociale des autres, c’est éveiller en nous un sentiment d’infériorité et nous renvoyer à notre pauvreté sociale. Un instinct assez primaire, l’herbe est plus verte à côté, et la vie est plus drôle aussi. En même temps, les gens ne vont pas afficher leurs problèmes en grandes pompes (en général) et cherchent plutôt à partager leurs bons souvenirs d’où une vision loin de la réalité, loin du véritable « indice de richesse sociale » de chacun. La chasse au « like » Pourquoi partage-t-on du contenu ? Pour faire plaisir, aux autres et à soi-même, mais aussi pour être reconnu. Ce désir d’être reconnu, accepté et aimé est certainement l’élément le plus flagrant du réseau social. « J’ai partagé la vidéo avant tout le monde », « j’ai retrouvé le titre de la chanson », « j’ai lu un article intelligent », « j’ai bon goût »…La liste est longue, chacun à sa manière veut montrer qu’il est « quelqu’un ». Ce dernier peut être quelqu’un de cool, cultivé, avant-gardiste, connaisseur, polémique, etc. L’importance réside dans la résonance du personnage, de son identité et de la reconnaissance de cette identité. Si cette dernière n’est pas reconnue, cela peut être ressenti comme un échec social. Voici donc en quoi Facebook peut contribuer à développer l’anxiété sociale et conduire à une dépression. Il s’agit finalement de problèmes sociaux classiques que le réseau a simplement mis en exergue de manière un peu brutale. Et puis comme c’est souvent le cas, on peut partir très loin dans l’analyse et la simplification pour au final se rendre compte que le problème est ailleurs, comme par exemple le simple fait de rester connecté toute la nuit sur son ordinateur à surfer sur les réseaux sociaux… On a connu mieux pour éviter troubles du sommeil, anxiété et dépression ! Je vais d’ailleurs vous laisser car la « Social media Fatigue » me gagne. Sources :
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