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Chrome, le premier navigateur internet de Google

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C'est la nouvelle du jour: le géant Google s'apprête à lancer son navigateur web: Chrome. La rumeur trainait depuis plusieurs mois, notamment suite à la prise de participation au capital du navigateur Maxthon, bien connu des internautes israéliens et surtout chinois. La Chine où 25% des recherches sur le moteur leader, Baidu, seraient d'ailleurs effectuées via Maxthon. Une rumeur également enrichie par des spéculations autour d'un OS de type desktop "made in" Google pour concurrencer directement Microsoft et créer une expérience utilisateur optimale par l'intégration des fameuses Google Apps: Gmail et Google Docs en tête. Une rumeur, enfin, qui s'inscrit parfaitement dans la démarche Android, l'OS 100% Google dédié aux téléphones mobiles qui devrait arriver en cette fin d'année. Un lancement très pédagogique Inutile de décortiquer la mécanique de lancement. Quand Google lance un nouveau produit, tout le monde en parle! Là où la firme de Menlo Park innove, c'est par la présentation sous forme de BD (cf. site Chrome). Exit le full flash et la vidéo! Google a décidé d'expliquer son navigateur en dessinant. Quelles conséquences pour la concurrence? A moyen terme, on peut s'interroger sur l'évolution des parts de marché des principaux concurrents, Internet Explorer, Firefox et dans une bien moindre mesure, Safari. Si ce dernier ne risque guère d'en souffrir, c'est IE qui semble être directement visé, en particulier pour la navigation mobile. Fort de son expérience et de son énorme communauté, Firefox ne devrait guère souffrir à court terme du nouveau concurrent. Pourtant, à y regarder de plus près, la fondation Mozilla, maison mère de Firefox, doit beaucoup à Google. En intégrant par défaut une boîte de recherche Google dans Firefox, la fondation a ainsi tiré jusqu'à 85% de ses revenus en 2006 (soit 57 millions de dollars)! De quoi couvrir ses frais de développement et de bande passante. Un partenariat gagnant-gagnant, par ailleurs reconduit jusqu'en 2011. Mais que deviendra Firefox si Google met fin à ce partenariat au terme du contrat ? A fortiori si Chrome s'est taillé une jolie part de marché d'ici là ? Guerre des OS et marchés publicitaires Le lancement de ce navigateur relance deux véritables questions de fond: quel avenir pour les systèmes d'exploitation d'aujourd'hui, Windows en tête, dans un monde d'ordinateurs de plus en plus dépendants du web ? Mais aussi la question de la valorisation du web. Le marché de la publicité sur Internet est hautement concurrentiel avec des investissements allant crescendo pour des retombées difficiles à quantifier pour l'instant. Bien malin sera celui qui saura calculer avec précision les retombées pub en ligne. Peut-être celui qui saura quantifier de manière précise les recherches d'internautes ou encore le nombre de visionnages de contenus. Une démarche d'autant plus simple avec des utilisateurs loggés sur des sites très populaires qui communiqueraient des données de manière transparente avec le navigateur. Google ne réussit pas à tous les coups. Son réseau social Orkut n'a jamais réellement percé, Youtube est toujours incapable de générer de l'argent. Les échecs sont cependant très rares. Si Google parvient à obtenir une masse critique pour Chrome, nul doute que le marché des OS et de la publicité en ligne en sortira changé. De quoi s'interroger sur la notion de vie privée et sur la stratégie globale du groupe qui n'est pas sans rappeler un autre géant de l'informatique... Microsoft, par ailleurs souvent accusé pour ses pratiques monopolistiques. Edition du 3/09/08 Nos craintes quant à la vie privée des utilisateurs n'étaient pas complètement infondées. En lisant bien les conditions d'utilisation de Chrome, on pouvait ainsi lire: « 11.1 You retain copyright and any other rights you already hold in Content which you submit, post or display on or through, the Services. By submitting, posting or displaying the content you give Google a perpetual, irrevocable, worldwide, royalty-free, and non-exclusive license to reproduce, adapt, modify, translate, publish, publicly perform, publicly display and distribute any Content which you submit, post or display on or through, the Services. This license is for the sole purpose of enabling Google to display, distribute and promote the Services and may be revoked for certain Services as defined in the Additional Terms of those Services.» Ce qui signifie que poster un contenu, un billet de blog par exemple, donne le droit à Google d'en faire ce qu'il veut, de le modifier à sa guise et le réutiliser comme bon lui semble. Une clause plus que contestable que Google a retirée depuis hier suite aux plaintes d'utilisateurs. (cf. article Gizmodo).
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