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Daft Punk feat. Fun Radio : course à l’exclu et fail digital

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Hier matin tous les yeux étaient tournés, du moins les oreilles, vers Fun Radio. La station FM affirmait depuis quelques jours pouvoir diffuser le prochain titre des deux robots Versaillais* en exclusivité mondiale. Cet évènement a tourné au fiasco puisqu'il s'agissait finalement d'un "fake". Retour sur les mécanismes qui ont amené à l’emballement médiatique sur Twitter, et les choix de communication de la radio. Depuis vendredi 12 avril, Fun Radio avait décidé de communiquer, à grands renforts de posts Facebook  et de tweets sur la diffusion en exclusivité mondiale du prochain single du célèbre duo Français.     C’est finalement hier, dans la matinée, que la radio diffuse une version du nouveau morceau des Daft Punk - Get Lucky Feat Pharrell Williams, d’une durée de 4min. Immédiatement de nombreux internautes réagissent avec virulence et accusent la radio de diffuser un « fake » qui était disponible sur Youtube et déjà dénoncé comme tel. Fun Radio est devenue en quelques heures la risée de tous les internautes comme en témoignent ces tweets :   Suite à cet emballement sur Twitter, cette dernière prend le parti de rester silencieuse, choisissant même de supprimer le post Facebook annonçant l’exclu du matin. Comme le rappelle le Docteur en Sciences de gestion et professeur à l’ESCP Andreas Kaplan dans ses recherches sur la stratégie de communication sur les réseaux sociaux, il est aujourd’hui communément admis qu’être humble et honnête(1) fait partie des priorités à respecter lorsqu’on est actif sur les réseaux sociaux. Ainsi, dans cette situation, il est intéressant d’analyser le choix de la radio en terme de communication. Pourquoi cette dernière n’a pas assumé son buzz en dialoguant publiquement sur cette erreur ? En effet, nous pouvons supposer que cela aurait au moins eu le mérite de donner un côté humain et ouvert au dialogue avec son public à la station. A l’instar de La Redoute, ils auraient même pu jouer de cet événement avec humour et rebondir en créant du contenu autour de cette polémique. Avec un peu de recul, ce « bad buzz » était prévisible. La façon dont communique Daft Punk est un modèle du genre tant sur le contrôle de l’image (mystère et rareté) que du contenu. Le choix de Fun Radio est surprenant quand on sait que même les artistes ayant participé à l’album n’ont pas le droit de s’exprimer publiquement à part via le site officiel. Depuis leur début sous le pseudonyme « Daft Punk » leurs stratégies de lancement d’albums ne sont pas laissées au hasard. Ce sont les deux compères qui décident du timing et du contenu qui va filtrer. Dernièrement, Thomas et Guy-Manuel ont réussi à générer un nombre considérable de User Generated Content via les innombrables remix et diffusions créés à partir de l’extrait de 15 secondes diffusé avant le « Saturday Night Live ». Dans ce contexte, nous pouvons légitimement nous demander si Fun Radio n’a pas volontairement souhaité créer le buzz tout en sachant qu’ils diffusaient une version non-officielle ? Ou s’est-elle fait berner par le groupe, le label ou la maison de disque ? En attendant de pouvoir danser sur le nouvel album des Daft Punk vous pouvez toujours le précommander sur iTunes : Random Access Memories (1)Andreas M.Kaplan (2010) Users of the world, unite! The challenges and opportunities of Social Media – Business Horizons 53, 59-68   *Les deux sympathiques robots ne sont effectivement pas Versaillais, merci aux personnes qui l'ont signalé !

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