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"Etre un bon manager" pour les nuls

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Aujourd’hui c’est un grand jour pour moi. Je passe mon tout premier entretien d’embauche. Après un dernier regard dans le miroir pour voir si la largeur de ma cravate correspondait à la largeur du col de ma veste, je décide de sortir des toilettes et de me présenter devant la porte du responsable. Après les habituelles questions sur mon cursus universitaire, l’entretien part sur des sujets plus abstraits. C’est à ce moment là que mon nœud de cravate se ressert (ou alors c’est ma gorge qui gonfle). Il faut avouer que la première question a de quoi me déstabiliser : « Quelles sont vos principales qualités ? » Mince, tous ces mots que j’avais appris pour l’entretien ont disparu de ma mémoire. Je me souviens juste que mes amis disent de moi que je suis un sacré fêtard. Réflexion faite, ce n’est pas la bonne chose à dire. « Je suis quelqu’un d’agréable à vivre, je suis très curieux et je suis un bon vivant, mais je réussi toujours à faire la part des choses entre le travail et la détente ». Je sers le poing sous la table. Mais la seconde question est plus dure, et mon cerveau ne répond plus. « Respectez-vous les horaires ? » « Evidement, je serai toujours le premier à la cantine » Gros blanc. Mon ventre gargouille (midi approche). Il gribouille sur son carnet. A moins que mon ventre ait répondu quelque chose de plus intelligent, je suis mal barré. Surtout qu’arrive la question que je redoutais le plus : « Que vous évoque « la volonté de puissance » ? » A part un résumé de mon cours de philosophie de terminale, je ne sais pas quoi répondre. En effet, c’est vraiment le genre de questions qui détermine un profil. Dans cette situation, que dois-je faire ? Et pourquoi pose-t-on ce type de questions aux entretiens d’embauche ?  Le psychologue du travail David Bernard répond à ces questions sur son blog. Il vient aussi de sortir un livret pour détecter les 11 comportements qui font dérailler les managers. On y retrouve, par exemple, l’arrogant, le lunatique ou bien le distant. Première mise au point, comme le précise l’auteur, nous pouvons tous posséder un de ces profils, mais il faut savoir déterminer à quel niveau il se situ, et surtout si le candidat en possède plusieurs. Imaginez juste un manager qui pense n’avoir besoin de personne, qui passe sa journée à danser, qui a tendance à constamment s’apitoyer sur son sort et qui, en plus, ne tient pas compte de la dernière directive qui interdit de jeter des pastèques du toit (toute ressemblance avec une personne existante n’est pas volontaire). Il faut donc faire bien attention à toutes ses petites habitudes, tous les signes avant-coureurs d’un profil dit « ingérable ». Tous ces profils se présentent sous la forme de fiche descriptive. Pour ceux qui ne comprennent pas le fonctionnement, imaginez-vous sur World of Warcraft (je sais ce n’est pas facile). Vous devez choisir un personnage en fonction de ses capacités. Ici, vous ne jugerez pas sur la capacité à manier une épée (à moins que …) mais sur la capacité à gérer une situation, la relation que la personne entretien avec le pouvoir, ou encore son aptitude à travailler avec les autres. Mais loin de moi l’idée de réduire le travail de David Bernard à ces simples « caractéristiques », il y a un vrai travail de définition, la présentation est là pour simplifier la lecture. La différence avec d’autres livres du même style réside dans l’utilisation d’internet pour diffuser son petit guide. En plus d’être en libre-accès, il est lié au blog de David Bernard et vous pouvez donc discuter avec d’autres lecteurs, ou bien avec l’auteur lui-même.  Vous pouvez également le suivre sur son compte Twitter.  David Bernard est aussi directeur associé pour Assessfirst, une entreprise qui développe des outils RH sur ordinateur. Et pour avoir fait un de leur test lors de mon cursus scolaire, leurs réponses sont très intéressantes (j’avais le choix entre dompteur de tigre ou trader). Ce livre n’est donc qu’une introduction à tout le travail que l’auteur fournit pour, d'une part, développer la relation que les ressources humaines entretiennent avec le Web, et d'autre part, développer cette discipline. Enfin, que vous soyez à la recherche d’emploi, manager ou directeur des ressources humaines, ce guide s’adresse à vous. En effet, il vous aidera aussi bien à ne pas engager un des ces profils, qu’à éviter d’en être un. Mon entretien est maintenant terminé. Je ne pense pas que je serai pris. Je ne corresponds à aucun des profils définis par David Bernard. Il faut dire qu’à la question « Avez-vous une question à poser ? » j’ai répondu tout content « Comment est la cantine ? ». Vous reconnaissez-vous dans l’un de ces profils ? Quel type de manager êtes-vous ? Comment définiriez-vous votre manager ? Promis cela restera entre nous !
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