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Facebook Home et le patrimoine mobile des utilisateurs

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Facebook annonçait jeudi 4 avril le lancement de Home, une nouvelle application transformant votre mobile Android en Facebook Phone. Le même jour, les premières fuites dévoilent une version Beta non-officielle permettant de se faire une première idée de la nouvelle expérience proposée par Facebook. Dès lors, les premières critiques fusent. Les plus sceptiques accusent le réseau social au 1 milliard d’utilisateurs de s’inspirer fortement de l’interface Windows Phone tandis que d’autres de complexifier encore l’utilisation de la plateforme Android (Frank X. Shaw – Responsable communication corporate de Microsoft). En effet, l’application est une surcouche logicielle qui vient se superposer à l’ensemble de vos applications Android. Définit comme un launcher, elle se lance dès lors votre téléphone allumé et prend le pas sur les autres fonctionnalités de votre smartphone. L’expérience se veut non-intrusive. L’utilisateur fait le choix de passer par cette application pour rester en contact avec sa communauté Facebook et de la désactiver grâce à un bouton intermédiaire pour revenir à une utilisation normale de son mobile. Mais nous ne pouvons que nous interroger sur l’image que se fait Facebook de notre patrimoine mobile. Nos applications, qu’elles soient natives ou téléchargées, font de notre mobile une extension essentielle et différenciée de notre quotidien. Nous avons tous nos applications préférées, et celles que nous aimons découvrir. Nous passons du temps à perfectionner l’utilisation de nos smartphones en fonction de nos usages. En proposant Home, Facebook s’appuie sur son statut « d’application leader » pour mettre en valeur une nouvelle expérience qui fait passer nos autres applications comme des éléments secondaires de notre smartphone. Et c’est là, la première erreur de la firme de Menlo Park : ce n’est pas parce que nous apprécions ou utilisons une application que nous ressentons le besoin de la voir à chaque instant. Par essence, la multiplicité des applications et des services caractérise le smartphone. Le réduire à une fonction unique revient à faire un pas en arrière. Et c’est probablement une des raisons qui a poussé Facebook à ne pas développer de Facebook Phone et fournir cette alternative. Sa seconde erreur est d’oublier que les usages sont définis par les personnes et ne dépendent pas des mobiles ou du nombre de téléchargements d’une application. Selon une étude Flurry Analytics de novembre 2012, seulement 26% du temps passé sur les smartphones (iOS et Androïd) est consacré aux réseaux sociaux, contre 43% pour les jeux. Le mobile est devenu autant un outil de divertissement qu’un outil de communication et de partage. Facebook Home ne répond donc pas à un besoin réel ou justifié des mobinautes, mais plutôt à un besoin de redonner un coup de fouet à un réseau social menacé par une concurrence toujours plus forte et un scepticisme toujours lié à la confidentialité des données (géolocalisation, informations liées aux usages et applications).   Pour rappel, Facebook Home est aujourd’hui disponible en France pour quelques smartphones HTC (One, One X, One X+) et Samsung Galaxy (S3, Galaxy Note 2). L’iPhone et l’iPad devront se contenter de Chat Heads, une mise à jour de la fonction chat de leurs applications Facebook 6.0 permettant de passer rapidement de la conversation à la navigation.  
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