Notre veille

Article

Galienni

Article

"Grâce à mon site d'artiste bien référencé et à la diffusion de mes oeuvres en cartes postales, je fais connaître ma peinture dans les réseaux influents. En un an, 50.000 internautes ont découvert mon travail sur Internet, avec une moyenne actuelle de 300 visiteurs par jour." Ton parcours artistique? J'ai suivi des études en Arts & communication à la Sorbonne Nouvelle. En dehors des cours, je pratiquais de façon autodidacte le dessin, la peinture, la photo et la vidéo. Bref, tout ce qui touche aux arts visuels. Pour payer mes études et mon loyer, j'ai réalisé des originaux aux formats cartes postales que je vendais dans la rue, en soirées et aux vernissages d'amis. C'était pour moi la meilleure façon de rencontrer des amateurs d'art tout et vivre de ma peinture. Environ 1.000 originaux ont été ainsi distribués sur Paris, Cannes et Montpellier, entre 1997 et 1998. J'ai fait ainsi la connaissance d'Eric Briones, collectionneur d'art, qui m'a introduit dans le groupe Publicis. J'y suis resté quatre ans avant de retrouver mon indépendance. Quel poste occupais-tu à Publicis? Après deux mois de free-lance, j'ai été embauché en CDI comme illustrateur. J'ai évolué ensuite comme directeur artistique junior, puis comme créatif confirmé par 5 prix de créations en 4 ans. Comment as-tu vécu ce passage entre ta liberté d'expression et les contraintes créatives de la publicité? Au départ, j' étais frustré sur le plan créatif mais égalemment ignorant des enjeux marketing de la communication publicitaire. Ensuite, j'ai trouvé amusant de décliner le message d'un annonceur en visuels, signatures, etc. Malheureusement, la plupart du temps, les clients sont rationnels et ne veulent pas prendre de risques ; on se retrouve souvent dans le même cas de figure où la création est limitative, voire chiante. Durant la nouvelle économie, j'ai travaillé sur des budgets internet, plus ludiques et moins impliquants pour l'annonceur. Avec un peu de diplomatie et des idées neuves, notre équipe a su répondre aux besoins des annonceurs du groupe tel que Nescafé, Renault, L'Oréal ou Sfr. J'ai compris ensuite que la création publicitaire ne se limitait pas à son support mais à sa dimension transversale online / offline. J'ai donc rejoint l'équipe d'Eric Briones sur la voie du buzz marketing, où le créatif a un rôle de premier plan. Penses-tu que la publicité peut-être considéré comme un moyen d'expression artistique? Je ne crois pas à la publicité mais en la communication. Beaucoup d'artistes du siècle dernier et contemporains ont réalisé des travaux de commandes publicitaires. Toulouse-Lautrec est l'un des premiers affichistes de la capitale avec ces magnifiques lithographies du Moulin Rouge ; elles ont été décriées à son époque, mais les gens les exposent aujourd'hui en posters chez eux. La publicité est souvent considéré comme pièce d'art dès qu'elle devient Vintage. La publicité est un art appliqué qui donne du travail aux artistes, photographes, illustrateurs...mais au final, c'est l'annonceur qui corrige les créatifs, donc... En quoi ta pratique artistique sert pour tes commandes publicitaire ? Je crois que le créatif est moins rationnel que le marketer. Son rôle est plus de "sentir" le produit et son imaginaire de marque. J'aime bien m'imprégner de l'univers de référence de la cible et positionner le produit sur une vague de tendance sociologique. Ensuite, j'invente des codes, des personnages, un univers fictif pour mettre en scène mes idées. A l'inverse, que t'as apporté la publicité? Une gymnastique et des reflexes créatifs. En tant qu'artiste, à communiquer sur mon propre travail. Tu réalises régulièrement des performances dans les lieux branchés à Paris et recemment, tu as participé à l'émission de Michel Field sur France 2. Cette démarche est-elle plus communiquante ou artistique ? Les deux. Pour réaliser un tableau en trois heures de direct, il faut avant tout croire en son art, à ses capacités de réaliser une oeuvre dans les conditions d'un plateau télé. Ensuite, évidemment, je suis conscient qu'une visibilité médiatique sur un audimat de 3 millions de télespectateurs, ça développe ma notoriété d'artiste et surtout ma crédibilité. Je me suis toujours exposé aux autres, aux médias. J'ai investit dans un site Internet bien référencé et je diffuse la reproduction de mes peintures en cartes postales partout où je passe. Grâce à ses outils, mon site est fréquenté par 300 visteurs en moyenne par jour et ce en moins d'un an d'existence. Les artistes aujourd'hui n'ont pas le choix : ils doivent s'exposer eux mêmes avant qu'on s'interesse à eux. Galienni est égalemment chroniqueur Arts & Société pour culturebuzz.com. Vous souhaitez communiquer sur une problématique Art, Culture et divertissement ?

Article suivant

Article

Olivier Poussier

Retour à notre veille

Chargement