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Google se prépare-t-il à entrer sur le marché de l’e-réputation?

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Mardi, suite à un article du New York Times décrivant les pratiques commerciales très douteuses de l’opticien online DecorMyEyes pour obtenir un meilleur PageRank, Google a décidé de mettre à jour son algorithme de recherche. Ce vendeur de lunettes remontait premier dans de nombreuses recherches Google grâce aux nombreuses réclamations de consommateurs qui se plaignaient à travers le web. En créant des liens vers le site en question, les plaintifs favorisaient le PageRank de l’opticien verreux. Pour que les arnaqueurs ne gagnent plus en visibilité grâce aux plaintes de consommateurs, Google a donc décidé de pénaliser les sites recevant de nombreux commentaires négatifs. Evidemment, ils n’ont pas pu intégrer la variable « négativité » obtenue à travers l’analyse de polarité automatique dans leur algorithme car cela posait un vrai problème de qualité des résultats. En effet, Google risquait de punir aussi tous les hommes politiques et sites portant sur des sujets polémiques. Finalement ils ont adopté une sorte de blacklist comprenant tous les sites e-commerce beaucoup trop critiqués. L’information qui a retenu le plus mon attention est donc l’utilisation de polarisation automatique par la société qui dicte encore la loi sur Internet et guide de nombreuses décisions et stratégies en termes d’e-reputation (veille, référencement, choix de présence sur les médias sociaux…). La question qui se pose est donc : « Comment est-ce que Google choisira d’affirmer sa présence sur le marché du buzz monitoring ? En prêtant assistance aux plateformes de veille ou en créant sa propre plateforme ?» D’un côté Google pourrait lier des partenariats avec les plateformes de monitoring car :
  • Leur cœur de métier reste encore la recherche et l’organisation de l’information. La finalité est de vendre toujours plus d’AdWords de qualité (95% de leur CA). Pour cette raison la firme de Mountain View ne souhaite peut-être pas entrer sur un marché éloigné de sa spécialité la plus profitable.
  • Google a créé et ouvert l’accès à une API pouvant servir d’analyse de polarité. Ils livrent souvent en open-source ou en API ouverte leurs découvertes technologiques. L’exemple le plus notable dans le secteur est AdPlanner qui a une API ouverte à laquelle les plateformes de veille peuvent déjà se brancher et donc livrer des statistiques de trafic conjointement. Cette ouverture semble indiquer un désintérêt envers l’analyse internalisée des conversations.
  • La technologie utilisée actuellement pour polariser automatiquement les pages baptisée "Large-Scale Sentiment Analysis for News and Blogs" conçue par Google et des chercheurs indépendants commence à être mise en valeur aux conférences spécialisés, comme la ICWSM.
D’un autre côté, Eric Schmidt pourrait juger utile de lancer une plateforme de monitoring car :
  • Historiquement Google lance des produits plutôt que de nouer des partenariats.
  • C’est une entreprise guidée par les innovations technologiques et à la recherche d’un nouveau relai de croissance. Une plateforme de monitoring dédiée à l’e-réputation complèterai l’offre Analytics, Google Alerts ou AdPlanner (mais pas AdWords…).
  • L’e-réputation est un marché en forte croissance qui devrait peser $3,1 milliards en 2013.
Une amélioration aux Google Alerts est d'ores et déjà possible, il suffirait de préciser la polarité D’ici ces prochains 12 mois, la position de Google devrait se préciser. D’ici là, les professionnels de l’e-réputation resteront vigilants.
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