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La saga Acadomia continue sur Facebook

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Acadomia, numéro un du soutien scolaire en France, est au coeur d'une polémique qui est allée très loin. En effet, l'organisme a été condamné par la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés) le 22 Avril 2010. Suite à un contrôle, la CNIL a constaté dans les fichiers de la société la présence de plusieurs centaines de milliers d'informations concernant les enseignants, les parents et les élèves. Constitution de fichiers avec des données personnelles sans demande d'autorisation préalable, déjà. Mais si ce n'était que ça... Les fichiers en question regorgeaient de commentaires injurieux, d'informations détaillées sur l'état de santé ainsi que les antécédents judiciaires des différents acteurs: "gros con", "saloperie de gamin", "a fait 3 tentatives de suicide", "alcoolisme des parents", "a fait de la prison", etc. Une véritable atteinte à la vie privée et à la dignité de la personne et un très mauvais buzz pour Acadomia. Leur slogan "Croire au potentiel de chacun" en prend un sacré coup... Selon un article paru dans LeParisien.fr, la délégation aurait relevé 212 occurrences du terme "conne", 10 occurrences du terme "salope" et 15 occurrences du terme "crétin" dans les fichiers de la société. Plus de 1300 tweets mentionnant Acadomia ont été émis entre le 27 et le 28 Mai 2010 (Source: Vanksenwatch), l'affaire a beaucoup fait parler d'elle sur le net. A tel point que le directeur Général d'Acadomia en personne, Philippe Coléon, a décidé d'intervenir via la création d'une page Facebook dans le but d'interagir sur cette affaire et de mettre les choses au clair: Ainsi, aprés avoir "nettoyé" leurs fichiers puis recherché la cause de ces "dysfonctionnements", Acadomia a décidé de nommer un responsable qualité qui sera en charge de surveiller les fichiers afin de faire en sorte que ce genre d'erreur ne se reproduise plus. Mais l'entreprise ne s'arrête pas là et dans un souci de transparence, a créé une page Facebook dans le but de communiquer le plus possible et au mieux sur cette affaire et de créer un espace interactif où ils pourront répondre aux commentaires. Que retenir de cette affaire? - La prochaine fois que votre progéniture vous ramène une mauvaise note, allez plutôt demander à votre petite voisine de quartier de lui donner des cours, elle n'est pas si langue de vipère que ça au final ;) Plus sérieusement: - Une chose avec laquelle une entreprise avec l'envergure d'Acadomia devrait être familière, c'est bien la législation concernant la communication de données personnelles: comment une entreprise aussi implantée dans le web a-t-elle pu passer à côté des autorisations requises par la CNIL? Avant de construire un fichier, demandez-vous si vous êtes en droit de le faire, déterminez clairement qui y aura accès et vérifiez toujours jusqu'où vous pouvez aller. - Passons aux injures... évidemment de tels propos n'auraient jamais dû filtrer, c'est pourquoi le fait d'avoir engagé un responsable qualité est une bonne chose. Mais on l'a vu, les commentaires injurieux n'étaient pas le fait de deux ou trois personnes...212 occurrences du terme "conne", il y a tout de même un problème majeur à la base : de recrutement, de contrôle, de formation et surtout au niveau du règlement concernant le contenu des fichiers (d'ailleurs est-ce qu'il y en a un?). - La page Facebook en tant qu'outil de gestion de crise: cette affaire n'est pas sans rappeler le scandale kit Kat, sauf que cette fois ci il s'agit d'une réponse par la création d'une page, une première en France. Mais pourquoi pas, si l'entreprise compte vraiment jouer le jeu de la transparence et du dialogue, cette page peut être un bon outil, à condition d'en respecter les règles. Toutefois, la page n'a pour l'instant que 65 fans. - Même si l'équipe d'Acadomia a été plutôt réactive (un point très important lorqu'on est la cible d'un bad buzz), ses excuses manquent toutefois de crédibilité. "Si ces faits effectivement sont réels", l'entreprise ne reconnait pas vraiment ses torts...
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