Notre veille

Article

Les 7 mensonges du film « The Social Network »

Article E-réputation

A l’occasion de la sortie du film sur Facebook, dirigé par David Fincher, écrit par Aaron Sorkin et inspiré du livre de Ben Mezrich « The accidental billionaires », il est intéressant de jeter un œil sur ce que cache ou déforme le film sur la véritable histoire autour de la création du plus gros réseau social du monde. Contexte du film : Le film est très largement inspiré du livre « The Accidental Billionaires » écrit par Ben Mezrich en s’appuyant sur les anecdotes et les documents fournis majoritairement par Eduardo Saverin pendant les poursuites judiciaires à l’encontre de Mark Zuckerberg. Liste des mythes : 1. Zuckerberg a volé l’idée aux Winklevoss. Les réseaux sociaux à échelle d’universités existaient déjà plus ou moins sur de nombreux campus universitaires américains. Comme indiqué dans le film, l’administration d’Harvard souhaitait même en créer un. L’idée de ConnectU (ou Harvard Connection à l’époque) des frères Winklevoss était déjà dans l’esprit de beaucoup d’étudiants, mais personne n’avait fait le premier pas entrepreneurial. Mark Zuckerberg avait un contrat où il devait consacrer du temps à la plateforme sociale des frères Winklevoss, mais en a profité pour développer la sienne… il leur a volé du temps de développement et de la propriété intellectuelle. 2. A Harvard Mark n’avait pas d’amis et était exclu des groupes sociaux. Au contraire, en temps que lycéen il avait créé un programme analysant les préférences d’utilisateurs en musique pour proposer de nouvelles chansons pouvant leur plaire. Mark a décliné une offre d’achat du programme d’ $1 million de la part de Microsoft et AOL. C’était une star avant d’arriver à Harvard… 3. Eduardo Saverin était le seul à trimer. D’après les documents et témoignages les plus récents ce serait plutôt l’inverse. Son rôle était bel et bien de monétiser Facebook en créant un business plan et en recherchant des investisseurs. Il est parti en stage à Lehman Brothers tout l’été 2004 sans se préoccuper de Facebook, il aurait passé son temps à faire la fête et monter sa propre boite en parallèle. 4. Suite au premier financement par Peter Thiel de Facebook, Eduardo est venu à Palo Alto pour signer les nouveaux statuts et « signer son arrêt de mort ». Eduardo ne s’est jamais déplacé dans la Silicon Valley et a préféré rester à New York profiter des grosses soirées. Il aurait d’ailleurs signé les papiers depuis New York en Janvier 2005 (sans les lire avec un avocat) après avoir reçu de nombreuses relances de Mark et des avocats de Facebook. L’indice le plus probant de son désengagement vis-à-vis de l’entreprise Facebook est qu’il s’est plaint du coup bas en Avril 2005. 5. Investissement de $19k. Saverin a investit $15k en une fois pour acheter des serveurs pour héberger TheFacebook.com. Le seul intérêt de cette modification était de préparer la blague « mathématique » où Zuckerberg interrompt l’avocate pour recompter « 1 000 + 18 000 = 19 000, c’est bon vos maths sont correctes ». 6. Le plus jeune milliardaire du monde n’est pas Mark Zuckerberg. Dustin Moskovitz, le 3ème co-fondateur possède 6% des parts de Facebook ce qui équivaut à une richesse sur le papier de $1,86 milliards. Etant né le 22 mai 1984 soit 8 jours après Zuckerberg, il emporte donc la palme du plus jeune milliardaire du monde ! 7. Eduardo est une victime qui se retrouve fauché. A la fin du film, nous apprenons que la somme touchée par Eduardo est restée « confidentielle ». Il a reçu 5% des parts de Facebook. Il est donc à la tête d’une fortune de 1,54 milliards de dollars! Cette fortune est bien évidement théorique car nous nous basons soit sur la valeur de Facebook calculée en observant le prix de l’action sur les marchés secondaires privés sur lesquels s’échangent les actions de la société (le montant serait donc de $30,9 milliards au 19/10/10). Une deuxième méthodologie se base sur les évaluations faites par les venture capitalists lors de leurs rounds de financement (le montant serait alors de $33 milliards). Les « mensonges » du film décrits ici ont pour but de décrédibiliser le fondateur d’un site qui a volé la vedette à Hollywood en termes d’influence sur la jeunesse américaine. Eduardo Saverin aurait cependant pu fournir certains éléments plus scandaleux pour nuire à l’image de Mark Zuckerberg : Le film aurait pu révéler que Zuckerberg avait « piraté », en utilisant des mots de passe Facebook, les comptes mails des journalistes étudiants du Crimson (la revue de Harvard), dans le but de découvrir en avant-première l’article qu’ils rédigeaient à propos de son site. Un autre scandale qui vient de faire surface est le piratage de ConnectU. Où Mark Zuckerberg aurait changé toutes les informations du profil de Cameron Winklevoss, comme par exemple : « Intérêts : Essayer de trouver mon penis. Gaspiller l’argent de mon père. Ressembler à un crétin ». Le film est malgré tout cela très intéressant et bon. J’ai eu l’occasion d’aller le voir à la projection privée organisée par Vanksen à Luxembourg. Vous pouvez d’ailleurs visionner ci-dessous la présentation « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Facebook sans oser le demander », distribuée à tous les invités pour l’occasion.
Chargement