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Les faux avis envahissent le web

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La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) constate un taux d'avis en ligne biaisés en nette augmentation dans sa nouvelle étude menée au cours de l'année 2013. Depuis 2010, l'institut effectue des rapports sur ces pratiques frauduleuses et pointe du doigt un grand nombre de sites d'avis en ligne ou de sites de marques disposant de commentaires clients. Selon ce rapport, 44,8% des commentaires et notations en ligne seraient biaisés (contre 28,8% en 2010). Il ne s'agit pas uniquement de faux avis mais il peut s'agir du manque d'honnêteté des avis ou de modifications volontaires pour aller en faveur d'une marque, d'un produit ou d'une personne. Pour clarifier cela, il existe plusieurs pratiques remises en cause par la DGCCRF. Tout d'abord, certaines plateformes modèrent de manière impartiale en supprimant les avis négatifs. D'autres effectuent une sorte de médiation entre le client mécontent et la marque puis suppriment l'avis lorsque "l'incident est clos", ne laissant alors plus aucune trace des problèmes rencontrés pour informer les autres internautes. Il y a également la rédaction de faux avis positifs, par des tiers de l'entreprise ou de leurs proches, ou par des sous-traitants proposant cette prestation. Il peut également s'agir de la rédaction d'avis négatifs pour jeter le discrédit sur la concurrence. N'oublions pas aussi que certains internautes (de réels individus) se voient rémunérés pour écrire des avis positifs sur des marques. Pour finir, la DGCCRF s'inquiète des billets sponsorisés sur les blogs qui n'informent pas de l'arrangement entre la marque et le blogueur.  En somme, la DGCCRF nous montre l'ampleur de ces avis manipulés sur le web et met en garde les internautes ainsi que les marques et plateformes d'avis. Pour rappel, une norme AFNOR NF Z74-501 a été mise en place en France en 2013 pour établir des règles et process autour de cette pratique, de nombreux sites y ont déjà adhéré. Cependant, la norme ne s'applique qu'en France alors que la majorité des sites d'avis consultés sont internationaux. Les internautes sont conscients de ce phénomène mais se réfèrent toujours à ces avis pour prendre leur décision d'achat. Selon une étude Testntrust réalisée en août 2013 auprès d’un échantillon représentatif de la population française, 83% des personnes pensent que certains avis des consommateurs sont faux. 76% les considèrent fiables ou « très fiables » contre 89% en 2010. Pourtant 86% jugent ces avis utiles. Il reste donc encore du travail pour lutter contre ce fléau et protéger les utilisateurs qui se renseignent en ligne avant d'effectuer un achat.    
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