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Marketing 3.0 : Le web incontournable, l"hyperciblage et les nouveaux influenceurs 1/2

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Le passage du marketing traditionnel à celui dit 2.0 a signifié la fin d’une communication unidirectionnelle en faveur d’un dialogue avec le consommateur, à l’instar des évolutions réunies sous le label web 2.0. Les media de masse ont laissé une place aux media qui autorisent une réponse du consommateur (Internet, street marketing, appareils nomades…), lui conférant sur ces nouveaux terrains une capacité d’expression équivalente aux marques. Cependant, le web 2.0 n’a pas encore montré la totalité de ses possibilités que l’expression web 3.0 est déjà lâchée. Cette nouvelle génération rendra le réseau omniprésent (1), intelligent (2) et très bien renseigné (3).

Tout objet sera relié à la toile en permanence (1) et y puisera les infos nécessaires à son fonctionnement. Un exemple : le parapluie qui vous prévient s’il va pleuvoir. Le web sémantique (2) comprendra les données qui transitent sur la toile et saura donc les remixer pertinemment. Un avant-goût : IConcertCal parcourt votre bibliothèque iTunes et vous donne les dates de passage dans votre ville de vos artistes préférés et zemanta rajoute automatiquement du contenu en rapport à n’importe quel texte. Enfin, conséquences de (1) et de (2), les informations personnelles circulant sur le net seront pour la plupart exactes (3), soit parce qu’elles seront générées automatiquement (position géographique, ce que nous faisons sur facebook…) ou par des organismes certifiés (voir le Dossier Médical Personnel), soit parce que la centralisation de l’identité numérique (voir OpenID) obligera à garder la même identité certifiée pour des actions différentes (accès à ses dossiers, interactions avec le groupe d’amis, paiement électronique…). Sur la base des changements que s’apprête à vivre le web, le marketing devra lui aussi évoluer pour s’adapter. Analysons donc les implications de l’arrivée du web 3.0 pour ce dernier.

Premièrement, ce sera la fin de la dichotomie online vs. offline, comme nous serons connectés en permanence, sans que cela induise pour autant d’être assis devant un écran. La déclinaison d’une campagne sur Internet sera une évidence. Le net sera alors polymorphe et les marques auront l’embarras du choix pour s’annoncer : dans les mondes virtuels (Second Life), les réseaux sociaux (Facebook), l’internet en streaming (Joost), l’internet de proximité (My Neighborhood, c’est-à-dire l’internet rattaché à un point géographique, voir l’article dédié sur culture-buzz), l’internet M2M (Machine to Machine, article Wikipedia), l’e-mail ou les messageries instantanées. Secondement, les annonceurs hyperconnaîtront les consommateurs : leur identité, leur comportement, leur goûts, leurs précédents achats, leur parcours, leurs rêves… Sur le modèle de Criteo (voir aussi Last.fm, Matchmine, rollSense, Scouta, similicio.us, ou même les méthodes de recrutement de Google) les algorithmes recouperont toute l’information disponible publiquement sur un individu pour en déduire de l’information nouvelle, et ainsi proposer des annonces pertinentes et prédictives. C’est ce que projette de faire Facebook, mais Microsoft s’y emploie déjà en prédisant notre propension à consommer en fonction du site visité ou du mot recherché. Troisièmement, les blogs experts seront assimilés aux media traditionnels. L’arrivée de la publicité sur les blogs, à la fois en achat d’espace (du type Blogbang) ou en advertorial (voir un exemple de la campagne TA+K Entrer de BNP Paribas), induira le tassement de la confiance dont ils bénéficient jusqu’à présent. De fait, de nouveaux prescripteurs apparaîtront, machines ou humains. Machines car le consommateur délèguera une partie de son pouvoir d’achat à un système d’intelligence artificielle (il lui délègue déjà sa présence en ligne). Ce sera ainsi le GPS doté de la fonction « un lieu au hasard » ou le frigo qui fait ses courses sur Internet disposant d’un budget alloué pour surprendre son propriétaire en prenant le contrepied de ses habitudes. Plausible d’autant qu’il existe déjà des situations où le consommateur dépense à l’aveugle. Brand You New Tube coûte 20 £ mais contient pour 80 £ de cosmétiques à tester. Les voyages surprises de Luxair vous emmènent vers une destination inconnue pour 111 € AR. Et vous ignorez quel est le goût de votre boisson Anything ou Whatever avant de l’avoir goûtée. L’enjeu sera donc d’inventer un marketing qui cible ce nouveau type d’influenceur. Quant aux prescripteurs humains, les consommateurs feront de plus en plus confiance à ceux qu’ils connaissent personnellement. Leur influence s’étendra ainsi à un public certes restreint mais très à l’écoute. Ils diffuseront plus la tendance (trendspreader) qu’ils ne la créeront (trendsetter). L’enjeu pour les marques sera de savoir leur parler en adoptant leurs codes, preuve de l’authenticité de la démarche. Et en ce qui concerne les véritables trendsetters, ils devront trouver un équilibre entre la tentation d’élargir leur audience pour la monétiser et le souci de conserver une certaine légitimité en restant confidentiels. Ce sera le cas, par exemple, des PDF magazines de niche pour l’art et le graphisme, de Profiteurs2Hype pour les sorties à Paris, de Yanko pour le design (la preuve), d'iqons pour la mode ou de la MJC pour les sneakers.
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