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N’oubliez pas de valider vos données ou votre Nom de Domaine sera suspendu

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John Berryhill, un avocat américain spécialisé en propriété intellectuelle et très actif dans le milieu des noms de domaine a récemment relaté la mésaventure d’une photographe américaine [1].

Tout commence par une photographe professionnelle qui enregistre un nom de domaine dans une nouvelle extension disponible, ".photo" et s'en sert ensuite pour développer son commerce. Elle effectue cette démarche auprès de son prestataire habituel mais ce dernier, n’étant pas habilité à enregistrer les .photo, sous-traite l’enregistrement auprès d’un registrar accrédité pour cette extension.

Quelque temps plus tard, un compétiteur se met à enfreindre sa marque. Elle lui envoie donc une mise en demeure et deux semaines plus tard, le site web de la photographe cesse de fonctionner. Logiquement, elle contacte son prestataire pensant à un problème d’hébergement, mais celui-ci remarque que c’est le nom de domaine qui est suspendu. Il suggère alors à sa cliente de contacter directement le fournisseur qui a enregistré le nom de domaine, ce qu’elle fait. Celui-ci rejette alors la responsabilité sur l’opérateur du .photo. Ce dernier prétend avoir agi à la demande du registrar, mais sans pouvoir en donner la raison. Sans réponse claire, la photographe fait alors appel à un avocat spécialisé dans les noms de domaine. Après plusieurs recherches, l'avocat découvre que le registrar avait envoyé à la photographe un e-mail pour vérifier l’exactitude des données fournies lors de l’enregistrement du nom de domaine. Après un délai de deux semaine sans réponse, le registrar a suspendu le nom de domaine. La photographe a bien retrouvé plusieurs messages qui contenaient un lien pour valider ses données dans ses spams. Ces messages ne provenaient pas de son interlocuteur habituel mais d’une autre société (le registrar sous-traitant) dont elle ignorait l’existence avant que ne surviennent ses problèmes. Même si la photographe en avait eu connaissance, elle aurait certainement cru qu’il s’agissait de tentatives de hameçonnage (phishing) et n’y aurait dès lors pas donné suite. Avec l’aide de son avocat et après plusieurs relances auprès du registrar, elle a pu faire réactiver son nom de domaine. Cependant cette mésaventure lui a coûté quelques clients potentiels, qui n’ont pas pu entrer en contact avec elle pendant la suspension du nom de domaine... Une procédure de l'ICANN L’avocat de la photographe a également pu apprendre que la démarche du registrar d’envoyer un e-mail de vérification faisait suite à une demande d’ICANN, le régulateur technique d’Internet, imposant notamment aux registrars de vérifier la validité des données fournies par les personnes et sociétés qui détiennent des noms de domaine. Ces règles s’appliquent à toutes les extensions génériques comme le .com et le .photo. L'ICANN avait reçu une plainte selon laquelle les coordonnées associées à son nom de domaine (publiquement visibles via la base de données « Whois ») étaient fausses. Ce n’était pas le cas mais on apprendra plus tard que la plainte émanait de la personne que la photographe avait mise en demeure. Vanksen, par défaut, indique toujours sa propre adresse e-mail au lieu de celle du client lors de l’enregistrement de chaque nom de domaine. De cette façon, c’est Vanksen qui reçoit les e-mails envoyés à cette adresse et qui peut ainsi différencier les e-mails légitimes des autres et y donner les suites appropriées. Lorsqu’un client souhaite néanmoins que son adresse e-mail soit indiquée, nous suivons son instruction mais le mettons en garde contre les contacts mal intentionnés et l’invitons à nous faire suivre tout e-mail sur lequel il y a le moindre doute. Par ailleurs, nous pouvons voir à tout moment quelles données ont été validées ou non et intervenir pour qu’aucun client ne subisse la même mésaventure que la photographe américaine. [1] L’article de John Berryhill est disponible (en anglais)
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