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Origine du nommage internet et des noms de domaine

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Si vous connectez une de vos  machines à un réseau, que ce soit un ordinateur, un smartphone, une imprimante et même une télévision ou une console de jeu, celle-ci se voit attribuée un identifiant numérique appelé adresse IP, c’est-à-dire une séquence de 4 nombres séparés par des « . » (ex. 89.185.56.21) ou, depuis plus récemment, de plusieurs nombres hexadécimaux séparés par des « : » (ex. 2001:610:240:22::c100:68b). Il n’est cependant pas aisé de retenir des nombres comme ceux indiqués ci-dessus. Par exemple, 89.185.56.21 est plus difficile à mémoriser que www.vanksen.com, tandis que www.vanksen.com convient mieux dans une stratégie de marketing que son identifiant numérique. ARPANET, l’ancêtre d’Internet né à la fin des années soixante, utilisait un fichier sur lequel figurait une liste non hiérarchisée des noms donnés à toutes les machines connectées au réseau avec les identifiants numériques correspondants. Cette liste prit cependant une ampleur qui en compliqua la gestion et le système des noms de domaine fut mis en place au début des années 80 pour éliminer cette complication. Contrairement au système ARPANET qui ne comportait aucune hiérarchie entre les noms, celui des noms de domaine est construit en pyramide au sommet de laquelle se trouve la racine d’Internet, sous celle-ci les différentes extensions (.com, .de, .uk…), sous celles-ci éventuellement des sous-extensions (.co, .uk, .com.au…), puis les labels choisis par les titulaires de noms de domaine (vanksen.com, yahoo.co.uk…) et enfin des sous-domaines éventuels (www.vanksen.com, we.register.it, mail.yahoo.co.uk…) généralement déterminés par les utilisations faites de chaque nom de domaine. La première extension générique à avoir vu le jour est le .arpa, initialement temporaire et destinée à assurer une transition entre le système ARPANET et celui des noms de domaine, mais l’extension fut ensuite utilisée à d’autres fins techniques et n’a dès lors jamais été supprimée. Fin 1984, ont été mises en place les extensions génériques .com, .net et .org ainsi que .edu, .gov et .mil. Les trois premières étaient initialement destinées respectivement aux sociétés commerciales, aux entités du secteur IT et aux organisations à but non lucratif, mais elles ont fini par être ouvertes à tous sans conditions ; les trois suivantes sont réservées respectivement aux institutions éducatives (bien que d’autres entités soient initialement parvenues à se procurer un nom de domaine sous cette extension), aux entités gouvernementales des Etats-Unis et aux institutions militaires des Etats-Unis. Fin des années 80 a suivi le .nato pour l’OTAN qui fut rapidement remplacée par le .int à la demande précisément de l’OTAN qui considérait que cette dernière reflétait mieux son caractère international. D’autres organisations et agences intergouvernementales lui ont ensuite emboîté le pas au fur-et-à-mesure des années comme par exemple l’AELE (efta.int), l’OMPI (wipo.int) ainsi que l’Union Européenne, laquelle a remplacé plus tard ses sous-domaines en .eu.int par des noms de domaine en .eu. La gestion des extensions .com, .net et .org faisait initialement l’objet de contrats entre des agences gouvernementales américaines et la société privée Network Solutions, Inc. endossant à la fois la casquette d’opérateur de ces extensions (registre) et celle de prestataire des services d’enregistrement (registrar).  Ensuite l’organisation privée à but non lucratif ICANN a été créée en 1998 et a repris en charge le travail de supervision auparavant effectué par les agences gouvernementales américaines. Deux objectifs visés par la création d’ICANN étaient l’ouverture des services d’enregistrement à la concurrence, concrétisée par l’apparition d’autres registrars, et, à plus long terme, la création de nouveaux registres, concrétisée par la séparation des activités de registre (passées en mains de Verisign après qu’elle racheta Network Solutions) et de registrar (restées chez Network Solutions), la cession du .org de Verisign à PIR suite à un appel d’offre (un autre appel fut également organisé pour le .net mais Verisign, qui put y participer contrairement à celui du .org, le remporta et garda la gestion de cette extension) et la création de nouvelles extensions génériques (de façon limitée en 2000 (.info, .biz…) et 2003 (.asia, .travel…) puis via un programme de création de nouvelles extensions génériques, lequel a donné naissance depuis environ 1 an à de nouvelles extensions, y compris en caractères non latins). Quant aux extensions de pays, les premières sont apparues en 1985 (.us , .uk et .il). Les autres ont progressivement suivi en fonction de diverses circonstances. C’est un organisme appelé IANA (actuellement une division d’ICANN) qui supervise la création et, le cas échéant, la délégation de ces extensions mais en règle général, une extension de pays correspond au code d’un pays ou territoire figurant sur une liste maintenue par l’International Standardisation Organisation (ISO) (liste N°3166-1). On note cependant des exceptions comme par exemple le .gb initialement créé pour la Grande-Bretagne mais ensuite remplacé par le .uk pour le Royaume Uni avant que la liste ISO ne soit établie, ou le .eu. On peut noter que certaines extensions de pays ont été créées dans le passé comme le .dd pour la RDA, le .um pour les Îles mineures éloignées des États-Unis ou le .fx pour la France Métropolitaine mais n’ont (pratiquement) pas été utilisées avant de disparaître suite au retrait des codes ISO correspondants. D’autres ont été utilisées mais ensuite remplacées puis supprimées suite à des événements géopolitiques (.yu pour la Yougoslavie, .zr pour le Zaïre…). Il est anecdotique de constater que le .cs, désignant initialement la Tchécoslovaquie, fut supprimée après la scission du pays en République Tchèque (.cz) et Slovaquie (.sk), puis renaquit de ses cendres, cette fois pour désigner la République de Serbie-Monténégro avant de disparaître définitivement au profit des .rs de la Serbie et .me du Monténégro. Par ailleurs, il était question de supprimer le .su après l’éclatement de l’URSS (et le retrait du code SU de la liste ISO) mais la pression locale et l’augmentation de son utilisation ont permis de la maintenir en vie jusqu’à présent et son démantèlement n’est plus à l’ordre du jour. A noter enfin que des extensions de pays en caractères non latins ont récemment vu le jour. Cependant, comme il n’existait pas d’équivalent à la liste ISO pour les caractères non latins, ICANN a mis en place, avec l’appui de différents acteurs de la communauté Internet, une procédure qui détermine ce qui est éligible pour devenir une extension de pays en caractères non latin. En dépit du nombre d’années qu’il a fallu pour mettre cette procédure en place, cette dernière a été baptisée Fast Track.

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