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Quora ! Quora ! Quora !

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Culture Buzz passe en revue la nouvelle star des réseaux sociaux, véritable base de données, hyper-active, de questions/réponses: Hit or miss ? Comment ça fonctionne ? Y être ou pas ? Pour y faire quoi ?... La hype du moment NB : Si vous avez besoin d’une invitation pour tester Quora, vous pouvez nous adresser une demande par email sur planningatvanksen.com. Cela fait quelques jours que la toile ne bruisse que de ça. Demandes d'invitations, dithyrambes de tweets, notifications d'amis déjà membres, Quora est sur tous les claviers. Créée en janvier 2010 par deux ex-employés de Facebook (Mg Siegler et Robert Scoble), la start-up fascine, tant par le service qu'elle propose, que par sa croissance exponentielle. Son nombre de membres a doublé entre décembre 2010 et janvier 2011. Mais qu'est ce au juste que Quora ? La théorie des 90% A l’origine un constat simple : 90% de nos connaissances restent enfermés dans nos cerveaux. Pourtant, partagée sur le web, cette somme impressionnante deviendrait vite une sorte de wikipedia sous stéroïde. La solution proposée par Quora est d’une simplicité enfantine : obtenons des réponses en posant des questions ! Conçu comme un moteur de « reverse-blogging », Quora joue de deux leviers :
  • un prétexte pour amener l’internaute à exprimer ses savoirs, c’est le rôle tenu par les questions
  • un contexte pour orienter, amender ou partager les réponses, c’est le rôle tenu par la communauté, dont le recrutement est facilité par des fonctionnalités sociales très avancées.
Nihil novi sub sole Pour résumer, Quora c’est à la fois un moyen très efficace d’apporter son expertise à des questions ouvertes et une base de données de réponses, organisées à la manière d’un réseau social. Les sceptiques rapprocheront volontiers cette formule de celles de sites plus anciens (Yahoo Answers ou Aardvark par ex.). Ce serait nier le caractère innovant d’un service qui ose, et réussit, la synthèse de vingt années de digital. La recette Quora En bon digital-natif, Quora ne s’est pas gêné pour passer au robot mixeur son best-of des innovations sociales et digitales des dernières années. Une approche fusion et décomplexée qui explique probablement son succès rapide.

Google en osso-bucco

Noyau dur de Quora, un moteur de recherche, en temps réel, qui permet de parcourir et filtrer les questions & réponses. Comme sur Google, c’est une entrée unique pour parcourir l’existant autant que pour proposer une question. C’est aussi, pour l’instant, un moteur extrêmement rapide qui gère les items recherchés (questions, mots clefs ou personnes) avec une facilité déconcertante.

Facebook en wasabi

A la manière de Facebook, Quora présente un timeline sous forme de flux socialisé de news (une question, une personne, des réponses et des votes). Une fonctionnalité spécifique permet par ailleurs d’observer les questions en cours de formation.

Médaillon de Twitter

C’est d’abord l’omniprésence de la fonctionnalité « Follow », appliquée à tous les objets du site (personnes, questions, thématiques, réponses, commentaires) qui fait tout le sel de Quora. Mais c’est aussi la formalisation d’une forme d’interaction d’abord étrennée sur Twitter. Ses membres ont en effet l’habitude de poser des questions ouvertes à leur réseau ou de faire publiquement appel à sa solidarité. Sur Quora, le même effet de cour demeure acquis (si vous avez pris soin d’importer votre aréopage depuis votre compte Twitter) tout en bénéficiant également de l’input de parfaits étrangers.

Wikipedia en soupe miso

La modération de Quora est confiée, en grande partie, aux utilisateurs. L’avantage du format questions/réponses, semble être de proposer un cercle vertueux de modération et d’éviter certaines des batailles, livrées becs et ongles sur Wikipedia pour l’amendement d’un article.

Mignardises de Slideshare

Comme slideshare et comme mentionné plus haut, Quora repose sur une conception « objet » qui permet de gérer facilement la socialisation de la majorité des contenus (de la question à un vote). Mais, à l’opposé de la plateforme de partage de présentations, son mode de navigation favorise au maximum la «sérendipité», selon un modèle de pivot browsing : une navigation transverse, similaire à «un saut de branches à branches au cœur d’une forêt».

Café gourmand sur Small world

Pour son lancement, Quora a astucieusement joué du code du club privé. Disponible sur invitation seulement, l’accès à la béta a d’abord été proposé aux personnalités les plus influentes de la Silicon Valley. De leur propre aveu, «Quora ressemble au Twitter des débuts». Un club d’insiders suscite naturellement la curiosité et contribue au bouche à oreille positif. Les raisons du succès Une base d’utilisateurs qui a tout simplement doublé depuis décembre – on serait proche d’un million d’après Quora – voilà qui ne lasse pas d’intriguer les experts. Quelles sont les raisons d’un succès si rapide ? Sysomos s’est appliqué à répondre à la question à l’aide de ses outils de monitoring (voir ici) et attribue ce développement à l’influence de références très admiratives du projet (notamment Techcrunch). Plus fondamentalement, on peut proposer d’expliquer cette croissance spectaculaire par trois facteurs clefs :
  • L’entre-soi : on l’a vu Quora rappelle le twitter des débuts et bénéficie, en tant que tel, de l’enthousiasme très vocal d’une coterie d’influents majeurs. Le fait que certains bloggers utilisent et plébiscitent le service comme une parfaite source d’inspiration pour trouver des nouveaux sujets de posts a probablement beaucoup contribué à cette notoriété spontanée
  • L’effet social graph : Quora maitrise parfaitement l’utilisation des API Facebook ou Twitter (qu’attendre d’autre d’anciens Zuckerboys) et le cocktail donne un recrutement par propagation des plus efficaces. A peine enregistré, attendez vous à recevoir une multitude de notifications en un temps record.
  • La dopamine : Ce serait l’hormone secrété par un cerveau toujours à l’affut du moindre update de statut -ou du prochain mail pour les plus old-school.Quora est bourré de fonctionnalités pour vous rendre accro, la plus spectaculaire étant la possibilité, abordée plus haut, d’observer la formation des questions en temps réel. Le résultat : une version zyngafiée et donc hautement addictive de wikipedia.
A quo(i)ra bon ? (que faire sur Quora) Certains ont déjà répondu à cette question, avec humour, en publiant le spoof Cwora, une « litanie de questions sans réponses produites par personne ». Toutefois, sans succomber au syndrome du «shiny new object» ou conjecturer sur la pérennité du service, on peut déjà penser à des applications précises pour les particuliers voire, sous certaines conditions, les entreprises.

Pour les particuliers et les professionnels

A moins que vous ne soyez complètement averse aux nouvelles technologies (mais que faites vous donc sur ce blog ?), vous avez beaucoup à gagner à rejoindre la communauté Quora. Ci-dessous, trois des « quick-wins » qui semblent les plus immédiats :
  • Un accès direct aux influents référents en France et à l’international. Quora, en termes de population, c’est en quelque sorte un modèle réduit / version club privé des cercles d’influence 2.0
  • Un outil de personal branding.  Enfin un Linkedin Answer sous amphétamines ! Quora c’est la plateforme hyperactive incontournable pour tous experts en quête de reconnaissance. 
  • Ecouter, faire de la veille et chercher l’inspiration. Quel blogger, marketer ou stratège ne serait pas fasciné par une radiographie, en temps réel, des interrogations qui déclenchent le plus de passions et des réponses qui provoquent le plus de satisfactions ? Du Google Trends puissance 10 et sans Justin Bieber !.

Un tabou pour les entreprises ?

A la date de publication de cet article, Quora interdit aux marques de créer des profils siglés, et ne propose pas d’équivalent, par exemple, aux fanpages Facebook et prohibe une autre utilsation potentiellement intéressante pour les annonceurs : les sondages. La présence de marque est donc seulement tolérée dans la mesure ou des particuliers peuvent afficher sur leur profil leur appartenance à une organisation ou leurs professions et titres officiels. Par le biais de ces ambassadeurs, on peut cependant émettre de premières propositions d’utilisation de Quora au service des marques :
  • Le SEO créatif : les questions / réponses Quora commencent à émerger en référencement naturel sur google et vont donc graduellement constituer un enjeu de Search Engine Optimization. Ses utilisateurs, l’ont d’ailleurs bien compris et l’on voit déjà fleurir toute une série de questions réthoriques, plus ou moins  bien senties du type de « Quellle est la meilleure agence pour x ? ». Si le modèle se développe, ses contrainte spécifiques demanderont une nouvelle pratique, plus créative, du SEO qui fera autant appel à la conception / rédaction de conversations qu’à l’ingéniosité technique.
  • Knowledge Management & E-learning :  En interne, comme en externe, Quora devrait rapidement devenir une killer-app pour facilier la formation continue, l’apprentissage, le rayonnement, l’échange et la transmission des savoirs. La multiplicité des points d’entrée sur un même sujet permettant, qui plus est, d’ouvrir à l’infini les perspectives. Qu’il s’agisse de marques aux savoir-faire très pointus (Cabinets d’Avocat, Utilities) ou dont l’adn valorise l’apprentissage d’un héritage et d’un artisannat (les marques de luxe), que l’on souhaite former ses employés ou éduquer ses clients, Quora peut d’ores et déjà faire partie des musts à envisager.
  • Un outil de Customer Relationship Management. Si Best Buy –le darty Us- lançait Twelpforceclef des politiques de Social CRM à venir.aujourd’hui, il y a fort à parier que Quora serait au moins aussi légitime que Twitter comme plateforme de ce SAV 2.0. Répondre aux questions, aider et orienter des prospects, gérer des interrogations clients, Quora sera probablement un terrain
En conclusion, si les meilleurs applicatifs de Quora restent à inventer, la plateforme est d’ores et déjà prometteuse ; c’est une certitude, les plus belles histoires s’écrivent aussi en posant des questions.
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