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.SX, .TV, .DJ…

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Alors que les nouvelles extensions génériques devraient probablement voir le jour en 2013, certains registres pays essaient d’exploiter au maximum le potentiel de leur extension en détournant plus ou moins la signification que l’on peut en faire. Avec le lancement de l’extension .SX présentée comme l’extension .SEX ou .SEXY et l’ouverture de l’extension .PW présentée comme l’extension « Professional Web » - dont les droits d’exploitation ont été acquis par le Groupe Directi en collaboration avec CentralNIC - il est bon de se poser la question de l’intérêt réel de ces nouvelles extensions « marketées ». En effet, la population de l’île néerlandaise Saint Martin ne représente que 40.000 habitants et celle des Iles Palau 20.000 habitants. Autant dire que le potentiel des extensions .SX et .PW en tant que simple extension pays ne dépasse pas la centaine d’enregistrements. La seule solution pour donner un intérêt à ces extensions est donc, comme d’autres registres de petits pays l’on fait avant eux, de pratiquer un détournement marketing et essayer de donner une pseudo signification à ces extensions. Cela n’est pas nouveau car, depuis plus de 10 ans déjà, le gouvernement des Iles Tuvalu, petite île de 10.000 habitants perdue au beau milieu de l’Océan Pacifique, a cédé pour plusieurs millions de dollars à la société dotTV, filiale de VeriSign, le droit d’exploiter son extension .TV - markétée comme .television - jusqu’au 31 décembre 2021 : c’est même devenu l’une des principales ressources économiques du pays ! D’autres extensions ont suivi le mouvement avec plus ou moins de succès, parmi lesquelles : le .TM du Turkménistan pour TradeMark ; le .WS des Samoa pour WebSite ; le .MD de la Moldavie pour MeDicare ; le .DJ de Djibouti pour Disc-Jockey ; le .LA du Laos pour Los Angeles ; le .SO de la Somalie pour SOciety, SOcial ou même Sud-Ouest. Il existe également les extensions utilisées pour former des jeux de mots telles que : le .GL du Groenland pour www.goo.gl ; le .ME du Monténégro pour www.meet.me ; le .BY de la Biélorussie pour www.hoster.by ; le .LY de la Libye pour www.friend.ly ; le .IS de l’Islande pour www.who.is ; le .TO des Tonga pour www.talk.to. Bien évidemment cela profite principalement aux registres qui proposent même des noms de domaine dits premiums à des prix prohibitifs comme, par exemple : .LA : www.airplanes.la pour 10.000$ ou www.restaurant.la pour 25.000$ .WS : noms de domaine à un seul caractère (www.a.ws) pour 50.000$ .ME : www.date.me vendu pour 70.000$, www.love.me pour 32.000$ ou www.ask.me pour 20.000$ Avant même l’ouverture des .SX et des .PW, les registres annoncent l’existence de listes secrètes de noms de domaine premium qui seront bien évidemment vendu à des prix exorbitants sous prétexte qu’ils devraient générer un fort trafic. 2 extensions se sont même positionnées sur la peur du typosquatting du .COM : le .CM du Cameroun ; le .CO de la Colombie Lancé en 2009, le .CM n’a jamais réussi à se faire une place sur ce positionnement « douteux », d’autant moins que le .CO est arrivé l’année suivante avec plus ou moins le même positionnement pour les cybersquatteurs. Parmi toutes ces extensions, seuls le .CO et le .ME s’en sortent plutôt bien avec +/- 1.350.000 de .CO et +/- 650 000 .ME. A noter que ces deux extensions ont dû investir considérablement dans le marketing pour développer leurs business : - le .CO s’est offert une publicité lors de la finale du Super Bowl 2011 en partenariat avec GoDaddy, le plus grand registrar mondial ; - le .ME, géré par Affilias et GoDaddy (toujours lui), a choisi une politique commerciale très agressive avec des prix très attractifs, voir même la gratuité des enregistrements en partenariat avec des logiciels de messagerie. Alors comment se positionner sur ces extensions markétées ? Il ne faut pas succomber aux sirènes de l’Internet et essayer si possible de rester cohérent avec une certaine politique d’enregistrement et de protection de ses marques, d’autant plus que les offres vont se multiplier avec les nouvelles extensions génériques à venir : - une société mondialement connue et/ou régulièrement victime de cybersquatting a tout intérêt à protéger ses marques et principaux labels pour minimiser les préjudices que pourraient engendrer un enregistrement abusif. La protection d’un nom de domaine, quelle que soit l’extension, sera toujours moins onéreuse que son rachat à un cybersquatteur ou qu’une procédure juridique ; - une société dont la renommée est moindre devra prendre compte si le pays fait partie de ses marchés cibles à plus ou moins long terme, ou s’il lui est possible d’utiliser ces extensions pour se démarquer. Par exemple, des sociétés dont les initiales sont « PW » ou « SX » auraient un réel intérêt à enregistrer ces nouvelles extensions. L’enregistrement de ses marques dans toutes les extensions mondiales nécessite un budget relativement conséquent mais il faut bien garder à l’esprit que tout enregistrement abusif d’un nom de domaine peut engendrer des préjudices plus ou moins dommageables : cybersquatting, phishing, contrefaçon… Toute l’équipe IP de VANKSEN reste à votre disposition pour vous accompagner dans la protection et la gestion de votre portefeuille de noms de domaine.
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