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Tendance #5 : #BACKCLASH

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De la défiance face au changement… La révolution digitale crée une remise en cause de l’ordre établi dans de nombreux domaines : divertissements, media, institutions,…. Il faudrait être naïf pour croire que les acteurs établis voient d’un bon œil ces mutations et cèdent sans lutter pour chaque pixel de leur pouvoir. Cette défiance est particulièrement visible dans la couverture médiatique d’Internet et des sujets liés à la technologie. Les politiques, les intellectuels, les artistes, les religieux, les syndicats,… n’ont de cessent de cracher avec morgue à longueurs de pages ou de reportages sur le réseau des réseaux, caricaturé en repère anxiogène de pirates, de néonazis, de pervers et trafics en tout genre. Il est clair (encore plus en France), que la technologie et Internet restent une « culture (…) complètement étrangère pour la majorité de nos élites » comme le résume Cecil du blog Hypertextual. Sorte de sous culture mainstream, les nouveaux media sont systématiquement dénigrés non seulement par méconnaissance mais aussi et surtout par la peur d’une remise en cause du statut lié à la démocratisation du media. Cecil explique en parlant des élites : « D’une part, en tant qu’individus adoubés par les institutions, ils disposent d’un statut coulé dans le marbre républicain. Les outils sociaux, avec la grande fluidité sociale qu’ils facilitent, incarnent une société en perpétuel mouvement : ils remettent en cause ces statuts et ces institutions. Apparait alors une analogie entre l’objectif principal poursuivi par les cadres d’entreprises et celui des intellectuels français : la préservation de leurs institutions respectives. Ces deux pôles opposés de notre société (en gros : l’axe privé Vs Public) s’avèrent être des alliés objectifs contre les réseaux sociaux et la menace qu’ils représentent pour ces institutions en tant que vecteur de transparence et de facilité de collaboration ». …à l’autopréservation et la résistance face à la perte de contrôle La sensation de perte de contrôle est clairement anxiogène pour l’ordre établi. Par exemple, les politiques vivent très mal que chacune de leurs maladresses soient relayées et enregistrées « ad vitam aeternam ». The Guardian a lancé une application pour comparer les promesses de chaque parti et leurs réalisations effectives. Les intellectuels et les media ne peuvent concevoir que certains amateurs ou bloggers puissent  créer ou publier des réflexions ou contenus de qualité… Et les marques ont encore extrêmement de mal à accepter la critique et les opinions de consommateurs bien que celles-ci soient désormais disponibles par millions online et désormais sur les points de vente via le web mobile.  Comme l’ex PDG de BP, la plupart des acteurs établis voudraient « retrouver leur vie d’avant ». Il faut donc s’attendre à voir régulièrement de nombreuses tentatives (désespérées ?) de régulations et d’initiatives de la part de l’élite (politique, media, économique) dans le but unique de se maintenir en place. “Le premier objectif des institutions est l’auto-préservation. Elles feront tout pour conserver les problèmes qui justifient leurs existences” nous rappelle Clay Shirky. Les tentatives de criminalisation du Peer to Peer par l’industrie musicale, les menaces à peine voilées de l’administration américaine contre Wikileaks, les mesures législatives comme Hadopi, les envies de filtrage du web dignes de la Chine,  le projet de rendre obligatoire l’enregistrement des bloggers en Italie,.. ne sont que des actions désespérées mais bien réelles d’un ancien monde paniqué par sa mort annoncée s’il n’évolue pas… A quand une déclaration d’indépendance d’Internet… comme celle imaginée par Perry Barlow en 1996.
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