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Unicef "Put it right" : Simple, puissant

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Point de mécanique hyper évoluée et personnalisée, d’application Facebook révolutionnaire ou de créa ultra léchée aujourd’hui. Alors qu’indéniablement surenchère technologique, discours en rupture et débauche de créativité sont des clés du succès pour émerger aujourd’hui, je voulais parler d’une campagne atypique mais selon moi d’une puissance rare. Un simple film, par ailleurs à l’encontre de toute recommandation élémentaire pour une diffusion virale, et un souhait très simple de la part de l’annonceur Unicef : « Accordez 5 min de votre temps pour la protection des droits des enfants ». Ce qu’on vous demande ? Simplement de regarder. Regarder et réfléchir. Sur une musique lancinante et envoûtante comme sait si bien les faire Radiohead défilent des images d’enfants miséreux à travers le monde montrés dans des situations de leur quotidien. Des images volées d’une triste banalité… Ces images sont d’une justesse désarmante car ce sont des scènes auxquelles ceux ayant un tant soit peu voyagé dans le tiers monde (que cette expression est laide) ont forcément assisté et que tout le monde voit à la télévision. Ces images renvoient à une réalité que beaucoup préfèrent ignorer (je ne leur jette pas la pierre, on a tous nos problèmes), des images qui égrènent régulièrement nos journaux télévisés mais qui passent vite après un « C’est dur quand même… » de circonstance. La puissance ici, c’est de demander solennellement à l’internaute de rester et de regarder pendant 5 minutes. Cet enchaînement de séquences, l’absence de commentaire et une simple petite question apparaissant à la fin « Is it right? » revêt à mon sens une extraordinaire puissance. Pas d’images choc, de dizaines d’avions s’écrasant sur le World Trade Center ni de sang ou d’estropiés, juste le dramatique du quotidien. Le site accompagnant cette vidéo est tout aussi dépouillé. La simplicité au service du message, la démonstration imparable… C’est un cas d’école du « back to basic », l’anti-bling bling dont tout le monde parle. Malgré tout, l’Unicef compte sur des moyens viraux pour diffuser cette campagne mais le message n’est pas « Whaou !!! Regarde comme elle est dingue ma campagne ! » mais plutôt « Toi aussi, blogger, tu peux faire quelque chose et c’est simple : diffuse cette vidéo et renouvelle l’invitation pour tes lecteurs ». Objectif ? 50 000 vues sur YouTube dans un premier temps. Je gage de mon côté de la réussite de l’opération… Je vous invite donc à prendre 5 minutes de votre temps et de regarder: La campagne fait partie de l’initiative globale « Put it right » initiée pour une durée de 5 ans. But annoncé : lever une première salve de £55 millions, de demander des actions concrètes au gouvernement britannique et de mettre le droit des enfants au cœur des préoccupations concernant les enfants au Royaume-Uni. « Nous voulons que les gens réfléchissent à leur propre enfance » a déclaré Victoria Rae, la directrice de la communication de Unicef UK. J’ajouterai de penser à vos enfants, à vos neveux et à tous ceux qu’on ne veut pas voir ramasser des ordures dans une décharge pour se nourrir. En tant qu’agence, nous sommes sensibles chez Vanksen à ces causes. Je reviens moi-même d’un break de 6 mois en Inde pour lequel l’agence m’a soutenu (j’en profite pour les remercier à nouveau) et où j’ai travaillé longuement avec des enfants tels ceux que vous voyez dans le film… Nous collaborons actuellement avec Médecins sans Frontières pour une grande campagne de sensibilisation autour de la malnutrition et avons déjà fait appel à la solidarité des communautés online pour plusieurs projets : campagne contre le trafic sexuel d’enfants et contre le sida pour The Body Shop (via des blogs et Facebook), backstage du festival Solidays (création d’un blog et implications de bloggers influents pour sa promotion), opération « article contre don » (« vous rédigez, nous donnons »)… Le web 2.0, ce sont des opportunités incroyables pour les ONGs et la possibilité de dépenser l’argent là où il doit l’être ! Tout ça ne sera jamais gratuit mais chacun peut agir à son niveau et quand la diffusion virale se met au service d’une bonne cause et permet d’utiliser des dons en achats de médicaments plutôt qu’en achats média, j’en redemande. Et comment ne pas être sensible à ça ?
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